Reste ce que tu hais ou deviens qui tu es

Un récent sondage IPSOS pour le compte des trophées du bien-être pose un cruel regard sur nos destinées : la moitié des Français estime passer à côté de sa vie. Au précepte de Nietzsche nous exhortant à l’accomplissement de soi, répond le passif constat de vies subies, suivant leur cours loin de la conscience et de la volonté des spectateurs impuissants renonçant à devenir les acteurs de leur propre histoire. « Deviens ce que tu es » laisse place à la résignation d’un « reste ce que tu hais ».

petit princeIl revient au philosophe comme au psychanalyste, de cerner les formes d’un tel renoncement ; il appartient au sociologue de comprendre une civilisation qui se mue en fourmilières. Mais reconnaître d’ores et déjà que le chemin qui nous conduit à la mort se nourrit de vide ou de soumission à de quoi effrayer.

Comment va-t-on soumettre sa liberté à une forme diluée de déterminisme ? Pourquoi va-t-on laisser passer les jours et les années pour rester un autre nous, étranger à ses vœux, invité fantôme d’un corps et d’une âme aspirant à d’autres chemins ? Il nous revient cet air de Souchon : « tu ne la voyais pas comme ça, ta vie », comme un appel à mourir symboliquement à notre déshérence pour renaître à des lendemains plus lumineux.

« Il est plus tard que tu ne penses1 », mais il est toujours temps de se lever pour vivre enfin et avancer en accord avec son âme.

Philippe Lachaise

(1) Emprunté au titre d’un ouvrage de Gilbert Cesbron

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