Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder ils s’habitueront.

René Char 1Elle se noie dans les « Rougeur des Matinaux », cette exhortation si connue qui prend valeur d’inspiration pour une vie. René Char, le déserteur du lycée Mistral d’Avignon (son professeur moquait les premiers vers du poète), le résistant des Basses-Alpes, puisant ses inspirations dans Nerval et ses amitiés chez Camus, fait chanter les mots pour offrir sa plume à un humanisme si personnel. Il se sera autant imprégné de Vigny que de Lautréamont, de Breton que d’Aragon, mais voyant en l’homme la source inépuisable de ses espoirs et la troublante mélodie des pages qu’il nous laissera définitivement en héritage en 1988. René Char, le poète des portes de la Provence, répond à Blaise Cendrars, le manchot suisse. Camus devait dire de lui : « Poète de la révolte et de la liberté, il n’a jamais accepté la complaisance, ni confondu, selon son expression, la révolte avec l’humeur […] Sans l’avoir voulu, et seulement pour n’avoir rien refusé de son temps, Char fait plus alors que nous exprimer : il est aussi le poète de nos lendemains. Il rassemble, quoique solitaire, et à l’admiration qu’il suscite se mêle cette grande chaleur fraternelle où les hommes portent leurs meilleurs fruits. Soyons-en sûrs, c’est à des œuvres comme celle-ci que nous pourrons désormais demander recours et clairvoyance ».

Le cœur de Baudelaire rencontre le surréalisme, les désespoirs de Lautréamont la puissance de sa foi en l’homme. C’est en cela que Char parle si bien au cœur des hommes, à leur âme un peu, à leur sentiments confus toujours.

Fermons un instant les yeux pour écouter :

« Quand on a mission d’éveiller , on commence par faire sa toilette dans la rivière.

Le premier enchantement comme le premier saisissement sont pour soi.

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder ils s’habitueront.

Au plus fort de l’orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C’est l’oiseau inconnu. Il chante avant de s’envoler.

La sagesse est de ne pas s’agglomérer, mais dans la création et dans la nature communes, de trouver notre nombre, notre réciprocité, nos différences, notre passage, notre vérité et ce peu de désespoir qui en est l’aiguillon et le mouvant brouillard.

Allez a l’essentiel; n’avez vous pas besoin de jeunes arbres pour reboiser votre forêt?

Ne te plains pas de vivre plus près de la mort que les mortels.

René Char 2Il semble que l’on nait toujours à mi chemin du commencement et de la fin du monde. Nous grandissons en révolte ouverte presque aussi furieusement contre ce qui nous entraine que contre ce qui nous retient.

Imite le moins possible les hommes dans leur énigmatique maladie de faire des noeuds.

Enfin si tu détruis que ce soit avec des outils nuptiaux »

Philippe Lachaise

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