Chacun porte son univers dans son cœur

Les contes en général, et les histoires soufies en particulier, constituent une source inépuisable de sagesse, ils assènent à leur manière quelques évidences pour nous conduire vers une plus grande conscience. Celui-ci s’impose à l’homme moderne, tendu entre grandes aspirations et vision rétrécie de son monde et de son devenir.

Un vieil homme se tenait assis à l’entrée d’une ville de Méditerranée orientale, quand un jeune homme s’approcha et lui pour le questionner :

– Je viens pour la première fois ici. Comment sont les êtres qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme le regarda puis lui répondit par une question :

– Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?

– Ils étaient égoïstes et méchants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai décidé de la quitter, dit le jeune homme.

– Tu trouveras les mêmes gens ici, répliqua le vieillard.

turkey_6029_600x450Peu de temps après, un autre jeune homme s’approcha de lui pour lui poser exactement la même question.

– Je viens d’arriver dans la région. Comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme répondit de même :

– Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?

– Ils étaient bons et accueillants, honnêtes, j’y avais de bons amis. J’en ai souffert de la quitter.

– Tu trouveras les mêmes ici, lui confia le vieil homme.

Un voyageur qui faisait boire ses chameaux non loin de là avait assisté aux deux échanges. Dès que le deuxième jeune homme se fut éloigné, il s’adressa, incrédule autant que courroucé :

– Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question que t’ont posée ces deux personnes ?

– Celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres, répondit le vieillard. Chacun porte son univers dans son cœur.

*
*     *

altéritéEst-ce le monde qui nous entoure qui tord notre vision du monde, ou bien est-ce cet univers qui modifie notre regard ? Faut-il ressentir dans ce dernier les violences en tout genre, les mauvaises intentions, une menace même ? Ou bien devons-nous y percevoir la richesse des hommes et agir forts de la croyance en une perfectibilité de l’humanité ?  Sommes-nous individuellement des citadelles assiégées ou des acteurs confiants et ouverts sur le monde ? L’enfer est-il vraiment les autres, à moins que ces « autres » ne soient des membres semblables à nous, agissant pareillement pour se construire et vivre à travers leurs semblables. L’humanité s’épanouit, se développe, se bonifie-t-elle de ceux qui croient en elle et en ses frères de destin ? L’enfer, sûrement, et sur terre, c’est la noirceur d’un regard, avant le bienveillant éclat de l’humanisme, de l’altérité et du sentiment d’universalité.

Philippe Lachaise

[wpsr_socialbts]

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s