Les larmes du Pont-Neuf

Pont-neufS’en venir au Pont-neuf, penser à Juliette Binoche et aux amants.

S’en venir au Pont-Neuf, méditer au square du vert galant, à Molay qu’on immolât ici.

S’en venir au Pont-Neuf, s’envelopper de torpeur comme Christo l’empaqueta.

S’en venir au Pont-Neuf, saluer l’été qui s’y meurt, comme Kenzo le fleurit.

S’en venir au Pont-Neuf, rêver d’enjamber les deux rives. Penser à l’ailleurs, à demain, à jamais.

S’en venir au Pont-Neuf, voir la Samaritaine tenter de revivre.

S’en venir au Pont-Neuf, contempler la ville somptueuse et noble, quiète et lascive, posée comme une éternité.

S’en venir au Pont-Neuf, confier au fleuve ses larmes et les témoins brillants et encombrants d’une passion assassine. Puis repartir.

Philippe Lachaise

(Pont-Neuf,  1er septembre 2015)

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