Vivre, c’est d’abord savoir aimer, offrir et s’offrir

faux-semblantsOn peut croiser un beau regard et une voix douce, mais un glaçon à la place du cœur et une conscience autant qu’un affect encore immatures parés de mensonges, de duperie et d’illusions. Cette engeance-là, handicapée des sentiments et manipulatrice perverse de l’amour, n’a rien à offrir, sinon du dégoût, de l’éphémère destructeur, du superficiel, un vague bijou qui finira rapidement dans les égouts. Au-delà de ces monstres d’égotisme qui brûlent tout sur leur passage et brisent la vie des autres sans le moindre état d’âme, le monde est en réalité peuplé de belles âmes et d’êtres sains, pour qui veut bien se montrer attentif. On aura tendance il est vrai à relever davantage l’incivilité de la brute épaisse qui nous aura arraché la moitié d’une épaule dans le métro pour pénétrer dans la rame avant que nous n’en sortions, plutôt que le sourire de tel autre qui nous tenait une porte. Et pourtant…

Ils sont ainsi nombreux à offrir. Par amour déjà, et lorsqu’on est affectivement équilibré, ce sentiment peut faire s’accomplir de grandes choses à deux. Rien n’arrête un amour profond et sincère, c’est bien cela qui le caractérise des autres plus superficielles et des aventures plus physiques. S’offrir et offrir, donner et se donner. « C’est cela l’amour, tout donner, tout sacrifier sans espoir de retour » écrivait Camus. On n’arrête pas un amour authentique.

On peut offrir par amitié. Où la complicité, l’intimité, l’écoute se moquent du temps et des vicissitudes. Un ami est une bouée dans une tempête autant qu’un verre le jour de fête, une larme partagée par temps gris.

imagesOn peut offrir par altérité. Où ces armées de bénévoles travaillent pour des causes humanitaires, où dans son coin on croira juste de faire un geste, un acte simple qui viendra du cœur parce que l’autre est un autre nous-même, une part de l’humanité. C’est Ricoeur et Lévinas. On ne peut grandir et se construire qu’à travers les autres.

Il y a bien des manières d’offrir en s’ouvrant à l’autre. Il y a bien des manières d’apprendre à offrir, d’apprendre à recevoir aussi, d’apprendre à grandir.

Lorsqu’on est toujours capable de se lever et d’aller vers les autres, d’aimer, c’est qu’on est encore vivant. Si l’on ne sait plus faire cela, c’est qu’on a abdiqué notre part d’humanité, et qu’on est déjà mort un peu, amputé du cœur et de son âme.

Philippe Lachaise

PS : une page se tourne et une nouvelle année commence aussi pour moi aujourd’hui. Mon cadeau, c’est une petite ride en plus et l’affection de ceux qui me sont chers pour m’aimer sincèrement, fidèles aussi par delà les épreuves, en cette journée qui se voudrait festive, en ces moments particuliers aussi.

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Un commentaire

  1. « Qu’on accepte donc comme principe de notre vie ce qui a toujours été un principe et le sera toujours : sortir de soi, donner, librement et obligatoirement ; on ne risque pas de se tromper  »

    « On se donne en donnant, et si on se donne, c’est qu’on se doit – soi et son bien – aux autres »

    Marcel Mauss. Essai sur le don.

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