Les romans et nouvelles éternels du XXème siècle

Il faut demeurer bien subjectif pour répondre à une question aussi étrange. « Quels livres emporteriez-vous sur une île si vous deviez y vivre seul un an, sans autre ressource ? » En cette rentrée littéraire qui m’émeut guère, tandis que les rêves d’exil me taraudent au moment où d’autres rentrent maintenant, mon choix se porterait sur deux valeurs sûres.

Nouvelles ZweigRelire encore les nouvelles de Stefan Zweig, les récurrences du narratif dans le narratif, ou l’ami de Sigmund Freud convoque dans ses récits les témoins d’un drame ou d’une situation particulière pour mieux nous faire comprendre les méandres de l’âme humaine. C’est Amok, et l’amour devenu folie, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme où comment une vielle femme révèle dont sa vie bascula brutalement un jour, tandis que tout une pension de familles s’émeut qu’une mère de famille décide de s’enfuir avec un jeune homme. La Confusion de sentiments, le Joueur d’échecs, Lettre d’une inconnue, La Pitié dangereuse… Le Viennois qui se donnera la mort au Brésil en 1942 nous ouvre à chaque fois un monde subtil, fort bien écrit, plaçant le cœur et l’âme des hommes au centre de ses mots.

Belle du SeigneurRelire aussi Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Passion amoureuse bien sûr, « forcément sublime » aurait écrit Marguerite Duras, entre Solal et Ariane d’Auble et qui se termine tragiquement à l’hôtel du Ritz. Mais ce pavé de plus de mille pages vous emporte dans l’intensité des passions et dans les méandres des grandeurs et faiblesses de nos sentiments. Dans la déréliction aussi des corps et des passions. La plume d’Albert Cohen est un scalpel, l’oeuvre un monument littéraire. On l’offre sûrement une seule fois dans la Pléiade à l’amour de sa vie, on se l’achète en collection de poche pour le lire et le relire, le triturer.

Bien sûr, je le disais en préambule, ces choix sont subjectifs. Ce sont les miens, en un moment donné.

Philippe Lachaise.

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Un commentaire

  1. Merci pour Stefan !

    En ce qui me concerne, gros faible subjectif, jamais démenti, pour lui aussi, pas du moment mais de tous temps (et de leurs successions pourtant vastes et multiples de moments divers).

    En particulier pour « Le Joueur d’échecs », sans cesse lu et relu, sans cesse à relire, renouvelé et redécouvert à chaque nouvelle lecture ;-))

    A noter une biographie remarquable, sur l’auteur, par l’auteur non moins remarquable Dominique Bona : un exil et un voyage immédiat, dès les premières lignes, dans une époque et parmi des personnages, que j’aurais aimé connaître et côtoyer, au delà de ce que laissent transparaître leurs oeuvres à jamais éternelles

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