Aimer un être c’est accepter de vieillir avec lui

« Aimer un être, c’est accepter de vieillir avec lui » écrivait Camus dans Caligula. L’auteur de la Peste et du Mythe de Sisyphe pose ainsi la réalité de l’amour : non comme un désir renouvelé, un sentiment sans cesse renouvelé, mais comme une perspective, un engagement de partager à deux un destin et de le porter loin, jusque dans le déclin. Il revisite ainsi l’invitation au voyage, où l’amour n’est pas un sentiment présent, mais toujours en mouvement et porté par un futur, une acceptation évidente à l’engagement.

camusFaudrait-il alors que certains s’y soustraient ? Certainement, si l’on considère qu’ « il y a ceux qui sont faits pour aimer et ceux qui sont faits pour vivre »1. Camus distingue bien l’être choisissant de vivre son présent et ses besoins propres, comme individu, de celui qui aime, et donc donne et se donne, s’engage en concevant la vie comme relevant d’un chemin à deux et non de deux vies empruntant un temps des sentiers qui semblent se confondre. La première voie est intime, profonde, la seconde trop réfléchie pour appartenir à l’univers de l’amour tel que le conçoit le Nobel de Littérature. Même ici, Camus demeure d’une étonnante fraîcheur.

Philippe Lachaise

Albert Camus, « Carnets I (mai 1935 – février 1942) »

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