Voir c’est savoir, vouloir c’est pouvoir, oser c’est avoir

La sépulture de Musset au Père-Lachaise
La sépulture de Musset au Père-Lachaise

Il ne nous viendrait pas plus à l’idée de prendre les mots pour des idées que de reprendre totalement à notre compte la triple maxime de Musset : « Pour réussir, retenez bien ces trois maximes : voir c’est savoir, vouloir c’est pouvoir, oser c’est avoir ». Chacun interprète à sa façon la pensée de l’amant malheureux de George Sand pour y voir certainement matière à alimenter ses propres certitudes Les sinistres derniers mois de l’auteur de Lorenzaccio et d’On ne badine pas avec l’amour prouveront toutefois qu’il n’y a pas de recette à la réussite et que ses conseils méritent certainement davantage l’attention philosophique qu’ils ne valent pythie. C’est en cela certainement qu’ils éclairement davantage l’âme humaine.

Voir c’est savoir

C’est bien en comprenant le monde qu’on avance. Socrate le disait en premier, pour qui « connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux ». Fallait-il entendre ainsi que se connaître signifiait maîtriser ses propres limites, ou réellement visiter l’intérieur de soi-même, mourir au vieil homme pour mieux renaître ? Annonçait-il Goethe pour qui
« Tant que tu n’as pas compris
ce meurs et deviens,
Tu ne seras qu’un être obscur,
Sur cette terre enténébrée » ?
A cet appel à la connaissance, répond bien longtemps plus tard l’altérité d’un Lévinas, comme un complément indispensable : on ne peut se construire qu’à travers les autres, se comprendre et se savoir qu’à travers l’échange. Ouvrir son regard à soi, au monde et aux autres, c’est se préparer à savoir, se disposer à la Connaissance.

Vouloir c’est pouvoir

Musset2On ne peut certes s’accomplir sans exercer sa volonté. Mais n’est-ce pas alors défier le déterminisme (transcendantal pour les uns, social et historique pour les autres) ? Vouloir, c’est peut-être exercer sa part de libre-arbitre pour choisir d’orienter un chemin au milieu de contingences qui nous échappent. Appliquer sa part de maîtrise sur notre vie en exerçant notre volonté. La volonté se réfugie sûrement dans cette force appliquée à faire bouger un peu les lignes, à nous faire prendre une route légèrement tangentielle à celle qu’elle aurait dû être si nous avions subi le simple destin. C’est là peut-être que s’exerce notre liberté ou notre renoncement. C’est ici que nous décidons de tracer comme sur une planche notre vie ou de la subir ad libitum.

Oser c’est avoir

Mais agir ainsi exige l’audace d’un moment. Oser. Et souvent, on se surprend à constater qu’il ne fallait finalement pas grand-chose pour que le plomb de nos rêves avortés se transforme en or de notre vécu. Oser1 notre liberté d’agir, c’est vivre et s’accomplir, ne plus subir enfin.

Voir, vouloir et oser, c’est peut-être commencer à connaître, agir et vivre pleinement.

Philippe Lachaise

(1) Sénèque écrivait pour sa part  que « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ». Deux mille ans plus tard, cette idée peut s’appliquer avec toujours autant de pertinence.

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