Aimer, c’est agir

Juliette Drouet
Juliette Gauvain, dite Drouet

« Voici l’heure arrivée où je dois commencer à t’attendre, mon Victor, chaque seconde qui s’écoule avec la lenteur d’une éternité d’impatience emporte avec elle toutes mes espérances au fur et à mesure que je les conçois. Qu’est-ce que je vais devenir pendant toute cette affreuse journée si je ne peux pas te voir ? Oh ! je me croyais plus forte, plus courageuse et plus résignée, mais je sens que je viens d’user toute mon énergie dans cette lutte horrible que je livre à mon désespoir depuis un mois. Mon Dieu qu’est-ce que je vais devenir seule enfermée avec cette affreuse date du 28 juin 1851 ? Comment me défendre pour me sauver de son abominable étreinte qui me donne le vertige ? ». Il faut relire l’abondante correspondance entre Juliette Drouet et Victor Hugo. C’est ce que propose le Centre d’Études et de Recherche Éditer/Interpréter (Université de Rouen), avec la collaboration du CELLF 16-21 (Paris-Sorbonne), qui met progressivement à la disposition du public et des chercheurs l’intégralité de ce journal épistolaire (1833-1883). A ce jour, presque cinq mille lettres sont déjà consultables en ligne, témoignant de cet amour aussi intense que tumultueux qui lia l’écrivain et la comédienne pendant près de cinquante ans.

On y retrouve et partage le destin d’un homme exceptionnel, la passion d’une femme fascinante pour un homme aux facettes sublimes. Celui de l’auteur prolixe, certes, mais aussi l’homme engagé (« s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là »). L’homme du non à Napoléon le petit, celui du discours contre la misère, pour l’abolition de la peine de mort, pour le droit des femmes et des enfants. L’homme qui rêvait des Etats-Unis d’Europe et de la monnaie unique avec plus d’un siècle d’avance.

Aimer c'est agir
Aimer c’est agir

On dit qu’il faudrait quarante ans pour lire l’intégralité de l’œuvre de Victor Hugo. Et pourtant, tout certainement tient dans son testament philosophique et les trois ultimes mots qu’il nous légua le 19 mai 1885 avant de s’éteindre trois jours plus tard : « aimer, c’est agir ». Et parfois oser.

Philippe Lachaise

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Un commentaire

  1. Bonsoir
    Qui a écrit « bestiaire de la médiocrité » ? Boris ?
    Ce texte est un peu dur envers les animaux qui sont beaucoup plus pacifiques et aimants que nous, ils ne font pas la guerre, ne se tuent pas sans raison, pensez vous que les cochons ne s’aiment pas entre eux ? ceux sont des animaux tendres, vivre sans penser c’est vivre comme un âne .. tout être vivant pense et agit selon son espèce, je ne partage pas vraiment cette pensée.

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