Les kanneries de Patrick

Patrick Kanner
Le ministre Patrick Kanner aimerait envoyer les parlementaires à la retraite à 70 ans

Le ministre socialiste Patrick Kanner cultive de bien drôles de marottes. En charge de la jeunesse et des sports, il voudrait le bonheur de nos fringantes générations à tous prix au point de ne trouver pour seule solution la mise à la retraite d’office de nos vieux serviteurs de la République. Vous voulez votre part du gâteau ? Nous allons mettre les vieux parlementaires au biscuit sec. La méthode pour vous faire gagner ? Les Hespérides pour tous les cacochymes ayant atteint la limite d’âge, c’est à dire les septante ans révolus. Cela signifie-t-il qu’un excellent député ou sénateur, à l’image de Badinter ou Dosière1 ici, d’Accoyer et Leonetti2 là, plébiscités par leurs électeurs directs ou indirects, reconnus pour leurs compétences, leurs valeurs intrinsèques et leurs réalisations, devraient ainsi mécaniquement céder la place ? Que l’âge tendre aurait plus de vertu que le talent, et la jeunesse davantage de mérite que l’expérience et l’action accomplie ? Il y a là un je ne sais quoi d’œdipien à voir souvent ces jeunes attachés parlementaires pressés de pousser dans la tombe les hommes qu’ils ont servis et qui les ont formés, quand on connaît le mode de reproduction actuel de notre classe politique. On les imagine presque avec gourmandise s’en prendre à la statue du commandeur Churchill, lui expliquant sous un tapis de bombe que l’heure était à la jeunesse.

On soupçonnerait presque notre ministre d’une obscure collusion avec un récent mais passé président de la République, qui se verrait ainsi débarrassé de son principal rival bordelais, s’il n’était si intègre (le ministre). Lui aurait il promis quelque marocain bessonnien plus avantageux, venue l’heure de l’alternance ?

Pourtant, songeons à l’effet papillon d’une telle ineptie. Les kanneries de Patrick auraient renvoyé Mitterrand à Latché dès 1988. Qui lui aurait alors succédé et qu’aurait été le destin de notre Vème, le profils des autres présidents ? Qu’en pensent de leur côté les gaullistes, qui n’auraient pu voir le général accéder au pouvoir en 1958 que de justesse pour ne pas se représenter en 1965 ? Chaban lui aurait succédé ?

Georges Clémenceau
Georges Clemenceau. Le Tigre devient président du Conseil en 1917, à 76 ans

Sûrement, à l’entendre, qu’à soixante-dix ans ne sommes-nous plus en état de diriger un grand pays et des jeunes comme Thévenou nous démontrent pour leur part une bien meilleur propension à se saisir des affaires de l’État. Repoussons alors l’échéance funeste à soixante-quinze ans. En nous disant, encore raté, que Clemenceau prit le poste de président du Conseil à soixante-seize ans. C’était en 1917, en pleine guerre, pour nous conduire à la victoire. Ce sont les troupes ennemies qui battirent en retraite, pas le vieux tigre.

Envoyer rétrospectivement se reposer de Gaulle, Mitterrand et Clemenceau par la magie d’un rapport, il fallait oser ! Quid aussi de la mémoire et de la transmission ? Non, mon très cher Patrick, on peut être parfois fatigué, même à 58 ans. Allez, plus que douze ans à tenir…

Philippe Lachaise

[wpsr_socialbts]

(1) Son travail acharné pour débusquer la gabegie des comptes publics sera-t-il repris par la nouvelle génération ?
(2) Même si je ne partage pas ses idées en matière de bioéthique pour me sentir plus proche de l’ADMD, je n’en apprécie pas moins son travail

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