Le code (C++) pour tous à l’école

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Je vous parle d’un temps que… on ne va pas se faire du mal. D’un temps où, jeune lycéen, nous découvrions à titre expérimental les premiers Personal Computers Bull, dans une salle de lycée spécifiquement dédiée à cet usage. Ils avaient de l’allure, avec leurs deux larges fentes, leur imposant écran noir où ne s’agitaient que des caractères verdâtres. Le mulot fera son apparition sur le premier Macintosh que deux ans plus tard. Notre professeur nous apprenait à rentrer les biscottes dans leur logis respectifs, ordonner à grands coups de DOS et bricoler du « code informatique » pour, ô miracle, obtenir quelques merveilles du bestiau : de quoi faire guère plus qu’une addition. Nous adorions ces prodiges.

Quelques cheveux gris plus tard, les progrès technologiques ont transformé nos 2CV en Ferrari, le WISWYG rend l’écran plus convivial et les systèmes rivalisent de simplicité (Le Yosemite d’Apple et Windows 10 à partir duquel je travaille déjà ne sont plus qu’affaire de passions et de clochers). Internet ouvre notre bureau au village planétaire et les éditeurs de logiciels proposent des solutions qui nous satisfont bien au delà de nos besoins. Surtout, l’informatique en général a pris une place incontournable dans notre vie, et la bureautique en particulier. Imaginez une société privée ne serait-ce qu’une journée de sa force de frappe Outlook (ou Lotus Notes pour ne pas être sectaire), Excel, Powerpoint (ah mes slides !) et Word…

La France l’a bien compris, qui veut révolutionner l’apprentissage de l’informatique dans nos écoles en lançant un vaste plan. Un milliard sera consacré sur trois ans au numérique dans celles-ci. Nos petits bambins se familiariseront  à cet univers à l’aide de tablettes (des Archos, histoire d’aider un peu l’industrie française, suppose-t-on ?). Le plan Jules Ferry 3.0 se veut d’abord un « apprentissage du sens critique face au flux d’information », selon Benoît Thieulin, le président du Conseil national du numérique.

Mais les plus grands devront passer à l’ordinateur, le vrai, le successur de nos vieux PC Bull, ronflants, car l’idée est d’apprendre à tous le code informatique « pour faire le lien avec l’industrie et (…) comprendre comment cela fonctionne à l’intérieur, ce que c’est qu’un programme informatique. Il faut démystifier la technologie pour qu’elle ne reste pas comme une boîte noire. C’est aussi une façon de ne pas rester complètement naïf face à une application, par exemple ».

Il n’est pas encore précisé si les Inspecteurs d’académie retiendront le C++, le Java, le Perl, le Basic, le Visual Basic ou plus simplement des HTML, CSS, PL/SQL à enseigner aux collégiens, mais enfin les enseignants devront préalablement maîtriser nos vieux codes pour les dispenser :

Capture« On ne peut pas progresser dans le monde numérique sans posséder ces bases » expliquent les porteurs de ce plan et telle semble l’ambition du projet Jules Ferry 3.0.

Ils sont une écrasante majorité déjà à rédiger leurs divers mémoires laborieusement, en prenant Word pour une vulgaire machine à écrire : non recours aux styles, table des matières poussive, pas d’index, mise en page chronophage… pour ne prendre que ce seul exemple d’une utilisation a minima de l’ensemble des outils mis à leur disposition. A l’apprentissage de la novlangue « code informatique » qui a pour nous un délicieux goût vintage, il ne faudrait pas oublier ce qui leur sera réellement utile dans leur parcours éducatif puis professionnel.

Philippe Lachaise

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